Un 17 octobre sur les quais à Paris…

 

17 octobre 2013 , Montpellier : une journée relativement banale pour moi mise à part la petite euphorie du dernier jour de cours avant le week-end. J’ai passé ma matinée en classe à dépouiller des résultats de questionnaires que j’avais distribués la veille à des passants montpelliérains concernant leur vision de l’écologie. Mais aujourd’hui, je n’ai pas le droit de dire que ma journée était ennuyeuse, car sans un certain 17 octobre 1961 je ne serais peut-être pas là pour vous en parler.

17 octobre 1961, Paris, la Seine : l’antenne française du FLN (Front de libération nationale) organise une manifestation pacifique en réaction à la récente décision d’établir un couvre-feu pour les Nords-Africains. Une sorte d’apartheid nocturne. Après avoir investi les rues principales de la capitale, des affrontements éclatent entre manifestants et police alors sous les ordres du célèbre Maurice Papon. Les blessés se comptent en centaines , et les morts par dizaines voire des centaines. Parmi eux  certains ont connu le coup des balles et d’autre la noyade.

Alors , j’essaie de me rappeler tous les souvenirs que je garde de la Seine si ce n’est quelques promenades touristiques à pied ou en bateau-mouche. Malgré la sérénité que procure ce fleuve, j’arrive difficilement à m’imaginer qu’ici « On noie des Algériens ».

Cinquante-deux ans après, la plaie n’a toujours pas cicatrisé comme si justice n’avait jamais été rendue.

Beaucoup considèrent la commémoration et les excuses de l’Etat français comme indissociables. Mais au bout de 3 générations , de 7 présidents français, l’ambiguïté entretient toujours le tabou cinquantenaire entre l’Algérie et son ancien colonisateur. Il y a deux ans, François Hollande avait fait un petit pas vers la reconnaissance du massacre . Alors candidat à la présidentielle, il avait déclaré au nom de la République « qu’elle reconnaît avec lucidité ces faits ».

La reconnaissance …un petit pas vers le long chemin du pardon ? Pour cette année en tout cas, la commémoration est de mise pour les Algériens de France beaucoup plus atteints par cet événement que les locaux, qui eux, préféreraient un visa pour visiter Paris et marcher le long de la Seine.

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Bloggeuse algérienne et étudiante en technologies de l'information et communication à Montpellier. Mordue d'écriture et d'humour , j'essaie toujours de mêler ces deux aspects en gardant un point de vue lucide sur les choses.Passionnée par le monde arabe et ses mouvements perpétuels , gourmande d'infographies en tous genres et accro de shopping à mes heures perdues.

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