Un mandat sur quatre roues

Un mandat sur quatre rouesLa nouvelle est tombée. Au pouvoir depuis quatorze ans , Abdelaziz Bouteflika se présente à nouveau pour un 4e mandat. Le parti majoritaire du FLN (Front de libération nationale) à travers son secrétaire général Amar Saidani, a désigné le président actuel (de 1999 à ?) comme candidat officiel du parti. Ce que Bouteflika chuchote aux oreilles du FLN , le FLN le crie haut et fort.

A 76 ans , l’actuel dirigeant a soulevé toutes les interrogations possibles quant à une candidature pour un 4e mandat. Après son AVC contracté en avril dernier, son retour en Algérie au mois de juillet et ses furtives apparitions politiques ; tous les paris étaient permis. Après les rumeurs de mort, l’incapacité physique à diriger le pays , ou une révision de la constitution pour rallonger son mandat actuel de deux ans, Bouteflika a finalement décidé de défier le naufrage de la vieillesse au profit de son addiction au pouvoir.

Pour l’heure, le président actuel n’a pas annoncé sa propre candidature. Un comble pour le peuple algérien, qui se contente des seules images finement montées par l’ENTV*. Passif, le peuple suit les interactions silencieuses du président avec ses visiteurs, dégustant quelques gâteaux au passage .

C’est Amar Saidani, secrétaire général du FLN au passif de drebki* (je tenais à le signaler) qui s’est chargé d’être le porte-parole informel de la campagne de Bouteflika. Dans son argumentaire, il a tenu à rappeler le bilan positif du mandat actuel du président « en témoignent les projets gigantesques réalisés à travers toutes les régions du pays » . Il marque un point certes. Mais en allant plus loin dans sa déclaration, on découvre une vision assez « intéressante » de la non-limitation des mandats présidentiels « qui selon lui n’est pas propre à l’Algérie, c’est le cas même des Etats les plus démocratiques». Qu’il nous explique donc sa définition des Etats « les plus démocratiques ». Si nous partons d’une mentalité paradoxale, alors nous pouvons effectivement conclure que la non-limitation des mandats n’est pas une politique propre à l’Algérie, mais aussi propre au Zimbabwe où le président Robert Mugabe siège depuis 26 ans.

Qu’importe le résultat des élections, Bouteflika compte bien donner un dernier sprint de fauteuil roulant avant la ligne d’arrivée.

ENTV: Chaîne de télévision publique

Drebki : joueur de derbouka , sorte de tam-tam utilisé dans la musique orientale.

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Bloggeuse algérienne et étudiante en technologies de l'information et communication à Montpellier. Mordue d'écriture et d'humour , j'essaie toujours de mêler ces deux aspects en gardant un point de vue lucide sur les choses.Passionnée par le monde arabe et ses mouvements perpétuels , gourmande d'infographies en tous genres et accro de shopping à mes heures perdues.

Une réflexion au sujet de « Un mandat sur quatre roues »

  1. Tant que c’est le fauteuil, nos chers algériens sont entre de bonnes roues. Même sur une civière, il voudrait se maintenir au sommet d’un pouvoir qu’il n’a jamais exercé. Nos armées ont besoin d’épouvantails, pour continuer à traire nos bannières de Républiques.

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