Carton rouge et brassard noir pour le football algérien

ALBERT-ÉBOSSÉRetour sur Mondoblog après quelques semaines de chômage, le petit palmier ayant décidé d’étendre ses feuilles sous le soleil espagnol et le vent portugais. Le parfum de rentrée se fait sentir aussi bien que les rouleaux de peaux mortes annonçant le décès imminent de mon furtif bronzage.

De retour à la réalité, après m’être un peu coupée des réseaux sociaux. Ma première connexion m’offre, après mon bain glacial en océan Atlantique, une deuxième douche froide. Albert Ebossé, joueur camerounais pour la JS Kabylie , décède juste après la fin d’un match touché par le jet d’un projectile « lourd et tranchant ».

Je suis tout d’abord étonnée, puis  la honte m’envahit lorsque j’apprends que l’objet que le défunt joueur a reçu n’est pas tombé du ciel, mais bien d’un supporter. Événement triste, mais pas si surprenant lorsque l’on voit l’ampleur des mesures de sécurité mises en place avant et après un match. Des dizaines de fourgons de police, des hommes prêts à maîtriser les foules sauvages de supporters en délire.

Sans faire dans la généralisation, il faut avouer que nombre de nos compatriotes, de mes compatriotes, en temps de match, sont bien souvent incontrôlables. Ne vous fiez pas a leur allure … maquillés grossièrement de la tête au pied, criant bien entendu « ehnaya les Algériens » (Nous on est les Algériens) histoire de bien vous rappeler qu’il ne faut pas les confondre avec des Suédois. Je me souviens parfois des vendredis familiaux que je passais chez mes grands-parents qui habitaient à quelques pas du stade du 5-Juillet, grand stade de la capitale, où il fallait souvent attendre une ou deux heures d’accalmie avant de pouvoir prendre la voiture. C’est dire que les sorties de match sont parfois similaires à une soudaine ouverture des cages d’un zoo… un scénario un peu à la Jumanji.

Et les femmes dans tout ça ? J’imagine déjà quelques dames à qui vous poseriez la question dans un salon de coiffure, éclatant de rire en se demandant de quelle planète vous provenez ! Comme des lions affamés, certains des supporters pourraient renifler les hormones féminines à quelques kilomètres de là, et si elles osaient s’en approcher … on leur laisserait le choix entre sauce samouraï ou sauce algérienne.

La Coupe du monde l’a bien prouvé. Même s’il y a eu quelques femmes parmi les supporters algériens envoyés au Brésil, nous avons surtout admiré des supporters bedonnants, barbouillés de peinture et vêtus de chapeaux si originaux que même Jamiroquai envierait !

Albert Ebossé, objectivement, n’est pas la première victime du football algérien. Nous pouvons rappeler par exemple, la mort de deux jeunes supporters dans l’effondrement d’une tribune à Alger. Ou encore, deux autres fans des Fennecs lors des défilés post-match Algérie-Russie. En Algérie, certains restent liés à la mort dans la joie comme dans la tristesse avec le football !

Mais en réalité, de quoi devrions-nous avoir honte ? De la bêtise du supporter ou de son racisme ? Une réponse que nous n’aurons peut-être jamais puisque le coupable court toujours et que le gouvernement a toujours d’autres chats à fouetter, comme le dernier court métrage du président Bouteflika recevant Rached Ghannouchi (restez concentrés sur les fleurs). La FAF (Fédération algérienne de football) quant à elle, s’est contentée de donner deux jours de vacances aux joueurs : une suspension des matchs du 29 au 30 Août.

Si la raison de cet acte est raciste, alors le coupable peut dormir sur ses deux oreilles, car le racisme coule des jours heureux en Algérie.

Malgré sa sonorité mignonne « Kahlouche » (noiraud) cache bien souvent très peu de considération pour les Noirs parfois traités comme des sous-hommes. Certains en sont réduits à cirer des chaussures sous un parasol en espérant se faire quelques sous. Vous verrez rarement (pour ne pas dire jamais) un Algérien assis par terre demandant à cirer des chaussures … de toute façon, ils ne cirent même pas leurs propres chaussures ! En bref, il n’est pas bon d’être noir en Algérie.

Africains, anciens colonisés, parfois musulmans. Beaucoup de choses relient les Algériens aux autres Africains, et pourtant, certains vivent encore à l’époque de la traite des Nègres. Il existerait peut-être une sorte de chaîne alimentaire du racisme, où certains ressentent le besoin de faire payer pour le racisme dont ils sont victimes en Europe. C’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité ou comme on dit chez nous, le singe qui fait du zèle à une banane !

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Bloggeuse algérienne et étudiante en technologies de l'information et communication à Montpellier. Mordue d'écriture et d'humour , j'essaie toujours de mêler ces deux aspects en gardant un point de vue lucide sur les choses.Passionnée par le monde arabe et ses mouvements perpétuels , gourmande d'infographies en tous genres et accro de shopping à mes heures perdues.

2 réflexions au sujet de « Carton rouge et brassard noir pour le football algérien »

  1. Comment dire… ? Pour les africains du sud du Sahara, tous les magrhébiens sont des racistes… c’est malheureusement l’opinion qu’on en a, à tort ou à raison. Enfin…
    Et au Brésil par exemple, femmes et enfants vont difficilement dans les stades à cause des violences qui s’y répètent indéfiniment…

    • LOL.
      « Tous les Maghrébins sont racistes », « tous les Allemands sont racistes ». Ce sont des paroles tout aussi dégoûtantes de racisme que le racisme qu’elles sont censées dénoncer… chez les autres!
      J’sais pô, mais j’ai l’impression que l’Afrique subsaharienne a son lot de racistes, comme partout ailleurs.

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